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Critique: « Les garçons et Guillaume, à table! »
jeudi 5 décembre 2013 @ 03:33
Guillaume Gallienne surprend tout le monde lorsqu’il
annonce son envie d’adapter cinématographiquement son spectacle, moi la
première. Un film qui annonce du rire, mais aussi, et très certainement, de la
compassion pour ce jeune homme en quête d’identité. Mais ce qui nous est
véritablement donné à voir, c’est la révélation de son amour pour les femmes,
en particulier, pour sa mère. D’ailleurs, Guillaume n’hésite pas à incarner, en
plus de son propre rôle, celui de sa propre mère. Une imitation troublante tant
le jeu d’identification et d’imitation est parfait.
Les garçons et Guillaume à table! relate tous les souvenirs que garde Gallienne de son enfance et de son adolescence, en commençant par celui-ci : « Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant: «Les garçons et Guillaume, à table!» et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant: «Je t’embrasse ma chérie»; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.». En effet, quelques malentendus qui posent directement carte sur table et qui annoncent, précipitamment, un sujet délicat : celui du trouble de l’identité. Mais c’est avec un comique d’une tendresse infini que Gallienne parvient à traiter le sujet, jonchant entre masculin et féminin, victime et bourreau, autobiographie et autodérision… Bref, une double prestation qui ne laisse pas indifférent. On saluera l'extrême générosité d’un acteur dont le génie et la folie fait le plus grand bien au cinéma Français. |